Accéder au contenu principal

Thomas d'Aquin - I.q59a2ad3 - Une même chose (res) peut être considérée comme vrai et comme bien

 A MEDITER en confrontant à l'expérience personnelle :

Le bien et le vrai sont convertibles dans la réalité (secundum rem), et c'est pourquoi

  • et le bien est intelligé (intelligitur) par l'intellect sous la ratio veri,
  • et le vrai est appété (appetitur) par la volonté sous la ratio boni.

Cette distinction des ratios suffit à distinguer les deux puissances, comme il a été dit.

(Somme,I.q59a2ad3)

Bonum et verum convertuntur secundum rem, inde est quod

  • et bonum ab intellectu intelligitur sub ratione veri,
  • et verum a voluntate appetitur sub ratione boni.

Sed tamen diversitas rationum ad diversificandum potentias sufficit, ut dictum est.

 


secundum rem, litt. : "selon la chose" ; implicitement : "selon qu'ils sont dans la chose concrète réelle".

  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - Iq5a1 - Le bien et ce qui est sont une même chose quant à la réalité, mais diffèrent selon la raison

Le bien et ce qui est (ens) sont une même chose quant à la réalité (secundum rem), mais diffèrent selon la raison (secundum rationem). Ce qui se montre (patet) ainsi.

La ratio boni consiste en effet en ceci : qu’une chose soit appétible (appetibile) ; c’est pourquoi le Philosophe, au livre I de l’Éthique, dit que « le bien est ce que tous appètent (appetunt) ».

Or, il est manifeste (manifestum) qu’une chose n’est appétible (appetibile) qu’en tant qu’elle est parfaite ; de fait, tous appètent (appetunt) leur perfection (suam perfectionem).

Mais une chose est parfaite dans la mesure où elle est en acte ; d’où il est manifeste (manifestum) qu’une chose est bonne dans la mesure où elle est un être (ens), car l’être (esse) est l’actualité (actualitas) de toute chose (omnis rei), comme cela ressort de ce qui précède.

Dès lors, il est manifeste (manifestum) que le bien et ce qui est (ens) sont la même chose quant à la réalité, mais le bien dit (dicit) la ratio appétible (rationem appetibilis), ce que ne dit (dicit) pas l'être (ens).

Respondeo dicendum quod bonum et ens sunt idem secundum rem, sed differunt secundum rationem tantum. Quod sic patet.

Ratio enim boni in hoc consistit, quod aliquid sit appetibile, unde Philosophus, in I Ethic., dicit quod bonum est quod omnia appetunt.

Manifestum est autem quod unumquodque est appetibile secundum quod est perfectum, nam omnia appetunt suam perfectionem.

Intantum est autem perfectum unumquodque, inquantum est actu, unde manifestum est quod intantum est aliquid bonum, inquantum est ens, esse enim est actualitas omnis rei, ut ex superioribus patet.

Unde manifestum est quod bonum et ens sunt idem secundum rem, sed bonum dicit rationem appetibilis, quam non dicit ens. 

 


  • Dernière mise à jour le .