Accéder au contenu principal

Thomas d'Aquin - DeVer.q1a1 - Distinction rei / ens

Le nom de « res », lequel, selon Avicenne au début de sa Métaphysique, diffère de « ens » en ce que
  • « ens » est pris de l’acte d’être,
  • au lieu que le nom de « rei » exprime la quiddité ou l’essence de l’entis.

(DeVer.q1a1)

Et sic imponitur hoc nomen res, quod in hoc differt ab ente, secundum Avicennam in principio Metaphys. [I, 6], quod

  • ens sumitur ab actu essendi,
  • sed nomen rei exprimit quidditatem vel essentiam entis.

 

 

  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - I.q16a1

Bien que la vérité de notre intellect soit causée par la chose (a re), il n’est pourtant pas nécessaire que l’on trouve dans la chose (in re), de manière préalable, la raison de vérité (ratio veritatis) ; de même que l’on ne trouve pas dans le médicament (medicinae) la raison de santé (ratio sanitatis) de manière préalable à l’animal ;

  • en effet, c’est la vertu du médicament, et non sa santé, qui cause la santé, puisqu’il n’est pas un agent univoque. 
  • Et, de la même manière, c’est l’être de la chose (esse rei), et non sa vérité, qui cause la vérité de l'intellect.

C'est pourquoi le Philosophe dit que l'opinion et le discours sont vrais du fait que la chose est (re est), et non du fait que la chose (res) est vraie.

Dicendum quod licet veritas intellectus nostri a re causetur, non tamen oportet quod in re per prius inveniatur ratio veritatis, sicut neque in medicina per prius invenitur ratio sanitatis quam in animali; 

  • virtus enim medicinae, non sanitas eius, causat sanitatem, cum non sit agens univocum.
  • Et similiter esse rei, non veritas eius, causat veritatem intellectus.

Unde Philosophus dicit quod opinio et oratio vera est ex eo quod res est, non ex eo quod res vera est.

  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - Iq5a1 - Le bien et ce qui est sont une même chose quant à la réalité, mais diffèrent selon la raison

Le bien et ce qui est (ens) sont une même chose quant à la réalité (secundum rem), mais diffèrent selon la raison (secundum rationem). Ce qui se montre (patet) ainsi.

La ratio boni consiste en effet en ceci : qu’une chose soit appétible (appetibile) ; c’est pourquoi le Philosophe, au livre I de l’Éthique, dit que « le bien est ce que tous appètent (appetunt) ».

Or, il est manifeste (manifestum) qu’une chose n’est appétible (appetibile) qu’en tant qu’elle est parfaite ; de fait, tous appètent (appetunt) leur perfection (suam perfectionem).

Mais une chose est parfaite dans la mesure où elle est en acte ; d’où il est manifeste (manifestum) qu’une chose est bonne dans la mesure où elle est un être (ens), car l’être (esse) est l’actualité (actualitas) de toute chose (omnis rei), comme cela ressort de ce qui précède.

Dès lors, il est manifeste (manifestum) que le bien et ce qui est (ens) sont la même chose quant à la réalité, mais le bien dit (dicit) la ratio appétible (rationem appetibilis), ce que ne dit (dicit) pas l'être (ens).

Respondeo dicendum quod bonum et ens sunt idem secundum rem, sed differunt secundum rationem tantum. Quod sic patet.

Ratio enim boni in hoc consistit, quod aliquid sit appetibile, unde Philosophus, in I Ethic., dicit quod bonum est quod omnia appetunt.

Manifestum est autem quod unumquodque est appetibile secundum quod est perfectum, nam omnia appetunt suam perfectionem.

Intantum est autem perfectum unumquodque, inquantum est actu, unde manifestum est quod intantum est aliquid bonum, inquantum est ens, esse enim est actualitas omnis rei, ut ex superioribus patet.

Unde manifestum est quod bonum et ens sunt idem secundum rem, sed bonum dicit rationem appetibilis, quam non dicit ens. 

 


  • Dernière mise à jour le .