Accéder au contenu principal

Thomas d'Aquin - CG.III.49.16 - Angoisses des philosophes

 

En quoi apparaît suffisamment quelle étroitesse (angustiam) subissaient de part et d’autre leurs brillants esprits (praeclara ingenia). De ces étroitesses nous serons libérés si nous posons, selon les démonstrations précédemment établies, que l’homme peut parvenir à la vraie félicité après cette vie, l’âme de l’homme étant immortelle ; en cet état, l’âme intelligera selon le mode selon lequel intelligent les substances séparées, comme cela a été montré dans le second livre de cet ouvrage. (CG.III,49,16)

 
In quo satis apparet quantam angustiam patiebantur hinc inde eorum praeclara ingenia. A quibus angustiis liberabimur si ponamus, secundum probationes praemissas, hominem ad veram felicitatem post hanc vitam pervenire posse, anima hominis immortali existente in quo statu anima intelliget per modum quo intelligunt substantiae separatae, sicut in secundo huius operis ostensum est.

Trad. : Grok.

  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - DeVer.q23a4 - La volonté humaine recherche naturellement la béatitude

 

La volonté humaine appète [= désire] naturellement la béatitude [= le bonheur], et relativement à cet objet voulu la volonté a une nécessité, puisqu’elle tend vers lui par mode de nature ; en effet, l’homme ne peut pas vouloir ne pas être heureux, ou être malheureux.

(DeVer.q23a4)

Humana voluntas naturaliter appetit beatitudinem, et respectu huius voliti voluntas necessitatem habet, cum in ipsum tendat per modum naturae ; non enim potest homo velle non esse beatus, aut esse miser.

 

 

  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - I-II - Prologue

Puisque, comme le dit Damascène, l'homme est dit fait à l'image de Dieu, en tant que par « image » on signifie [un être] doué d’intellect, libre de son arbitre et du pouvoir d’agir par lui-même (per se potestativum[1]) ; après qu'il a été traité du modèle (exemplar), à savoir de Dieu, et de ce qui est issu de la puissance divine selon sa volonté ; il reste que nous considérions son image (imagine), c'est-à-dire l'homme, en tant que lui aussi est le principe de ses propres œuvres (suorum operum principium), comme ayant le libre arbitre et le pouvoir sur ses propres œuvres (suorum operum potestatem).

[1] Le mot potestativum traduit le grec de Damascène αὐτεξουσίοις : disposer par soi d’une autorité sur sa propre capacité d’agir ; de ἐξουσία : le pouvoir au sens d’autorité, non au sens tyrannique, comme le maître tire son autorité de sa capacité à élever son disciple.

Quia, sicut Damascenus dicit, homo factus ad imaginem Dei dicitur, secundum quod per imaginem significatur intellectuale et arbitrio liberum et per se potestativum; postquam praedictum est de exemplari, scilicet de Deo, et de his quae processerunt ex divina potestate secundum eius voluntatem; restat ut consideremus de eius imagine, idest de homine, secundum quod et ipse est suorum operum principium, quasi liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem.. 

 

 


  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - I-II.q1a2 - Ceux qui ont la raison se conduisent eux-mêmes grâce à la ratio finis

(...)

  • Ceux donc qui ont la raison se meuvent eux-mêmes vers la fin parce qu’ils possèdent la maîtrise (dominium) de leurs actes par le libre arbitre, « faculté de la volonté et de la raison ».
  • En revanche, ceux à qui manque la raison tendent vers la fin par une inclination naturelle, comme mus par un autre et non par eux-mêmes. Ils ne connaissent pas la ratio finis, ils ne peuvent rien ordonner à une fin, mais seulement y être ordonnés par un autre. La nature non rationnelle tout entière, en effet, se trouve à l’égard de Dieu dans le rapport d’un instrument à un agent principal, comme nous l’avons vu plus haut.

C’est pourquoi,

  • il est propre à la nature rationnelle de tendre vers la fin comme agissant par soi-même (se agens) ou en se conduisant (ducens) vers la fin,
  • tandis que les natures non raisonnables sont [mues] à l’action (acta) ou conduites (vel ducta) vers la fin par un autre,
    • soit par une fin appréhendée, comme c’est le cas des animaux,
    • soit par une fin non-appréhendée, comme pour ceux qui manquent totalement de connaissance.

(...)

  • Illa ergo quae rationem habent, seipsa movent ad finem, quia habent dominium suorum actuum per liberum arbitrium, quod est facultas voluntatis et rationis.
  • Illa vero quae ratione carent, tendunt in finem per naturalem inclinationem, quasi ab alio mota, non autem a seipsis, cum non cognoscant rationem finis, et ideo nihil in finem ordinare possunt, sed solum in finem ab alio ordinantur. Nam tota irrationalis natura comparatur ad Deum sicut instrumentum ad agens principale, ut supra habitum est.

Et ideo

  • proprium est naturae rationalis ut tendat in finem quasi se agens vel ducens ad finem,
  • naturae vero irrationalis, quasi ab alio acta vel ducta,
    • sive in finem apprehensum, sicut bruta animalia,
    • sive in finem non apprehensum, sicut ea quae omnino cognitione carent. 

 


  • Dernière mise à jour le .

Thomas d'Aquin - I-II.q3a2ad1 - La vie se dit d'une double manière, la béatitude tient de la seconde

Le mot vie se dit de deux manières.

D'une première manière, il désigne l'être même du vivant (ipsum esse viventis). Et en ce sens, la béatitude n'est pas la vie ; il a été montré en effet que l'être d'un homme, quel qu'il soit, n'est pas la béatitude de l'homme ; car en Dieu seul la béatitude est son être même (suum esse).

D'une autre manière, on appelle vie l'opération même du vivant, par laquelle le principe de vie est ramené à l'acte ; et c'est ainsi que nous nommons la vie active, ou contemplative, ou voluptueuse.

Et c'est de cette manière que la vie éternelle est appelée la fin ultime. Ce qui est manifeste par ce qui est dit en Jean XVII : "La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu".

(I-II.q3a2ad1)

Ad primum ergo dicendum quod vita dicitur dupliciter.

Uno modo, ipsum esse viventis. Et sic beatitudo non est vita, ostensum est enim quod esse unius hominis, qualecumque sit, non est hominis beatitudo; solius enim Dei beatitudo est suum esse. 

Alio modo dicitur vita ipsa operatio viventis, secundum quam principium vitae in actum reducitur, et sic nominamus vitam activam, vel contemplativam, vel voluptuosam.

Et hoc modo vita aeterna dicitur ultimus finis. Quod patet per hoc quod dicitur Ioan. XVII, haec est vita aeterna, ut cognoscant te, Deum verum unum. 

 

 


  • Dernière mise à jour le .