Thomas d'Aquin - I-II.q3a7
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Comme on l'a dit plus haut, la béatitude parfaite de l'homme ne consiste pas dans ce qui est une perfection de l'intellect selon une certaine participation, mais dans ce qui est tel par essence. Or, il est manifeste que chaque chose est la perfection d'une puissance en tant qu'appartient à cette chose la raison d'objet propre de cette puissance. Or, l'objet propre de l'intellect est le vrai. Par conséquent, tout ce qui possède une vérité participée, une fois contemplé, ne rend pas l'intellect parfait d'une perfection ultime. Puisque la disposition des choses dans l'être est la même que dans la vérité, comme il est dit au livre II de la Métaphysique, toutes les choses qui sont des êtres (entia) par participation sont vraies par participation. Or, les Anges ont un être participé, car seul en Dieu son être (esse) est son essence, comme on l'a montré dans la première partie. D'où il reste que seul Dieu est la vérité par essence, et que sa contemplation rend parfaitement bienheureux. Cependant, rien n'empêche de considérer une certaine béatitude imparfaite dans la contemplation des Anges, et même plus haute que dans la considération des sciences spéculatives. |
Respondeo dicendum quod, sicut dictum est, perfecta hominis beatitudo non consistit in eo quod est perfectio intellectus secundum alicuius participationem, sed in eo quod est per essentiam tale. Manifestum est autem quod unumquodque intantum est perfectio alicuius potentiae, inquantum ad ipsum pertinet ratio proprii obiecti illius potentiae. Proprium autem obiectum intellectus est verum. Quidquid ergo habet veritatem participatam, contemplatum non facit intellectum perfectum ultima perfectione. Cum autem eadem sit dispositio rerum in esse sicut in veritate, ut dicitur in II Metaphys.; quaecumque sunt entia per participationem, sunt vera per participationem. Angeli autem habent esse participatum, quia solius Dei suum esse est sua essentia, ut in primo ostensum est. Unde relinquitur quod solus Deus sit veritas per essentiam, et quod eius contemplatio faciat perfecte beatum. Aliqualem autem beatitudinem imperfectam nihil prohibet attendi in contemplatione Angelorum; et etiam altiorem quam in consideratione scientiarum speculativarum. |
Vérité même, Dieu vérité, Vérité par essence
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